lundi 14 mars 2011
Contrôle technique ta mère !
Les études et statistiques disponibles sont pourtant unanimes. Le contrôle technique obligatoire pour les voitures – toujours plus drastique et onéreux - n’améliore aucunement les performances de la sécurité routière, il n'est utile qu'aux professionnels de l’automobile, et accessoirement aux policiers (soumis à des quotas de PV). Même l’effroyable Docteur Got – d’ordinaire partisan de thèses 100% répressives - est d’accord là-dessus, c’est dire. En clair : contrôle technique rime avec pompe à fric. Et le parc automobile étant désormais ferré, nos dirigeants étendent le juteux CT à celui des deux-roues.
Celui-ci a déjà une histoire. Proposé début 2008 par le député UMP Thierry Mariani sous prétexte d’accidentologie, le contrôle technique « spécial motos » se heurta à la fronde des « Motards en colère » (la FFMC) et fut reportée. D’autant plus facilement que les centres n’étaient pas équipés pour le deux-roues, les contrôleurs non formés. C’était le prototype de la nouvelle contrainte ambiguë et bâclée décidée par des technocrates aux abois, puis remballée aussitôt sortie. Mais en politique, le sentiment de passer pour un con semble faire partie d’une époque révolue ; nos hauts fonctionnaires et leurs divers complices (dont la FFVE) s’entêtent à présenter le contrôle technique deux-roues comme « inéluctable ». Celui-ci est obligatoire dans plusieurs pays d’Europe martèlent-ils. Mais est-ce parce qu’une obligation imbécile sévit ailleurs que nous devons l’adopter ?
La société du contrôle, selon Sarkozy
Ce cérémonial déresponsabilisant n’est qu’une contrainte fiscale et policière de plus pour des cyclomotoristes, et bientôt pour les motards et scootards dont l’immense majorité roule sur des machines entretenues, leur santé étant intimement liée à l’état de leur monture. D’après le rapport MAIDS publié en 2004 par l’ACEM (l’Association européenne des constructeurs de motos) seulement 0,7% des accidents de deux-roues motorisés seraient imputables à une défaillance mécanique. Et parmi ces « défaillances mécaniques » combien auraient été détectées par un "contrôleur" ? Ces nano-chiffres disqualifient cette nouvelle tentative de notre société du contrôle. Et pourtant la mesure nous est imposée ! D’abord via les cyclos.
Le but de l’opération serait - officiellement - d’éradiquer le « débridage » des 49,9cc lequel serait facteur d’accidents selon les « experts » du gouvernement. Mais certains ados auront toujours des comportements transgressifs, tandis que cyclos et petits scooters sont sur la route tout en bas de l’échelle des espèces. Est-ce une solution de les obliger à se traîner à 45 à l’heure, coincés dans le caniveau, frôlés par les camions ? Même les coureurs à vélo et les voiturettes sans permis vont plus vite ! Ce qui est débridé n’est-ce pas plutôt la connerie de nos « experts » ?
Dans notre actuelle dictature administrative, circuler en Vélosolex, en petit Vespa ou en mobylette, nécessite déjà de faire immatriculer sa vieille pétoire, d’y apposer une plaque, et de passer un permis de conduire via une formation de cinq heures dans une auto-école (ASR/BSR) ! Aujourd’hui, nouvelle contrainte : le contrôle technique périodique. Et demain ? Le port obligatoire des casque intégral et gilet jaune fluo ? Le pot catalytique sur les Bleues ? L'ABS sur les Solex ? Et pourquoi pas un permis vélo tant qu'on y est ?
Ras le bol de cet interventionnisme rapace ! Ces têtes de cire qui empilent les mesures coercitives et contraignantes, bafouant au passage la non-rétroactivité des lois, doivent comprendre qu’il y a un seuil d’acceptabilité sociale à ne pas dépasser. Que plus on génère de la frustration, plus on incite à la transgression...
Faisons comme pour la vignette moto en son temps : refusons cet énième macaron.
vendredi 20 novembre 2009
Répression routière et corruption ordinaire…
Qu’est-ce que la corruption ? De l’abus de pouvoir (reçu en délégation) à des fins privées. "Radars, le grand mensonge" décrypte une action publique, dénommée « sécurité routière », qui n’est plus dans la recherche du bien public, mais dans la recherche de l’intérêt individuel, de l’intérêt de classe.
Lors de l’enregistrement de mon interview sur RTL (à écouter : dimanche 22 novembre, 18h15, émission Auto-Radio) Christophe Bourroux me pose la question suivante, en substance : « Dans le livre ça flingue. Vous n’hésitez pas à parler d’escroquerie en col blanc ! ». Je réponds : « Exact. De haut en bas le système repose sur la corruption. » Christophe qui semble être un bon connaisseur du sujet, ne semble pas surpris. Je m’explique dans la foulée. Nos dirigeants nous avaient promis que « l’argent des radars » reviendrait à la sécurité routière. Ce ne fut jamais le cas. 80% de la somme totale (plus d'un demi milliard d’euros en 2009) reste bloquée « en haut », et 20% retourne aux collectivités locales, sans contrôle. Je précise dans la foulée que 60% de cette rente de roi du pétrole revient à des entreprises privées – très proches du pouvoir - qui fabriquent et gèrent les cabines radars (Sagem, Atos…) lesquelles réalisent des marges indécentes, et que 20% du pactole (plus de 200 millions d’euros, 136 milliards d’anciens francs) reste englué dans l’AFITF, une caisse grise créée par les Sarkoboys en 2003, sorte d’EPAD des transports routiers. Il faut aller vite, donc je m’en tiens là, ce qui n’est pas si mal pour intervention express sur une radio nationale.
J’aurais pu ajouter – comme je l’ai fait sur Radio Courtoisie le 27 octobre – que ce n’est pas le fils de Nicolas Sarkozy qui gère cette « agence », mais son père. Son père spirituel, son mentor en politique : Gérard Longuet, personnage sulfureux, déjà trois fois impliqué dans des affaires de financements louches.
Et derrière ce coffre-fort des copains, le fonctionnement du système est encore plus édifiant. Bizness des stages de récupération de points, tralala d'une Prévention routière subventionnée à hauteur de 17 millions d’euros, avocats crésus, associations faux nez des pouvoirs publics, braderie des autoroutes au privé, scandale des péages, conflits d’intérêts en haut lieu... notre politique "routière" obéit dorénavant à des intérêts de caste, des mécanismes financiers essentiellement corruptifs. Tout en bas de la pyramide, même les agents des forces de l’ordre dont les notations et plans de carrière dépendent dorénavant du nombre de PV dressés, n'échappent pas à ce mode de fonctionnement.